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11 mai 2009 1 11 /05 /mai /2009 19:14
La mémoire d’un patrimoine...


La monographie de Gendrey, écrite par Ambroise Bourdeaux, parle succinctement des puits et des fontaines du village. A. Bourdeaux avait été instituteur en ce village avant 1900, et donc secrétaire de mairie. Il avait pu étudier les archives, en mairie... La monographie sera éditée en 1950, alors qu'il était en retraite. A cette époque, la municipalité ne s'est pas sentie concernée par le résultat des recherches sur le passé du village : l'édition a été réalisée à compte d'auteur, et

quelques rares privilégiés du village ont reçu cette monographie. En 1954, la municipalité a déposé les documents anciens concernant le village, aux Archives Départementales du Jura (ADJ) à Montmorot. Chacun peut désormais les y consulter ; elles y figurent sous la cote 5 E 13. L'inventaire des archives antérieures à 1790 a été adressé à la mairie de Gendrey, en août 1998.

Mais, aux Archives Départementales, pour compléter la recherche sur les fontaines, il faut aussi étudier les documents de la série O, concernant les "Affaires Communales" de Gendrey. Monographie de Gendrey et documents des Archives Départementales ont permis d'avancer dans la recherche sur les puits et fontaines du village. Nous présentons un extrait de cette recherche.

 

FONTAINES LAVOIRS ET ABREUVOIRS DE GENDREY

Comme les villages du voisinage, Gendrey bénéficie des eaux de ruissellement des pentes qui l'entourent. Par le passé, de nombreuses sources permettaient d'abreuver les troupeaux dans leur pâture. Quelques unes subsistent à notre époque. Certaines sources plus importantes ont été captées à date très ancienne puisque, selon la monographie de Gendrey, la fontaine du Fol et la fontaine de Chenaud fournissaient, dès 1586, l'eau aux habitants». À la sortie du village, en direction des Vernes, la fontaine du Fol n'est plus qu'un petit marécage, une petite zone humide, sur la gauche, non loin d'une maisonnette en ruines...

Par contre, la fontaine de Chenaud est devenue la fontaine des Auges, après de nombreuses transformations. Les fontaines actuelles datent du XIXème siècle. Elles remplacent des fontaines plus anciennes, connues dès le XVIème siècle, mais dont nous ignorons l'architecture. Elles s'étaient multipliées grâce aux ressources de l'exploitation des forêts... Les documents d'archives permettent de suivre leur évolution à dater de 1799. Deux d'entre elles subsistent actuellement ainsi qu'un abreuvoir. 

La fontaine des Auges après sa restauration en 1998.

  

La fontaine des Auges

Sur le cadastre de 1816,  deux fontaines bordent la rue de Chenaud : "l'auge du dessus" et

"l'auge du bas". Suite à un réaménagement prévu dès 1828, la fontaine dite de Chenaud deviendra

la fontaine des Auges,  (et non des anges). L'architecte Cretin, de Dole, propose un devis pour sa restauration en 1859. La réception définitive des travaux est en 1872.

 

La fontaine d'Embrun

Signalée en 1799, cette fontaine du «bas», sur le chemin de Saligney, était située en amont de son emplacement actuel. A dater de 1838, plusieurs architectes ont travaillé à un projet de démolition et de reconstruction d'une "borne fontaine jaillissante"... Le devis définitif date de 1875. Ces deux fontaines sont des fontaines lavoirs avec un abreuvoir. Elles figurent sur les panneaux du Sentier des fontaines qui relie en boucle les villages de Gendrey et Sermange.

 

L'abreuvoir du Clossardot

Route de Taxenne, la fontaine du Clossardot (ou Classerdot) a été reconstruite en 1833, sur devis de l'architecte Dez "avec un bassin pavé de huit mètres, servant d'abreuvoir". Le mur qui domine ce bassin a été réparé à maintes reprises depuis 1833...  Le Clossardot est longtemps passé inaperçu. Ses abords ont été dégagés, le mur de soutènement vient d'être rénové en 2003. Désormais, le Clossardot a repris place dans le petit patrimoine du village.

 

La fontaine d'Embrun



ONT DISPARU.…

 

La fontaine de La Velle

En 1800, une fontaine est signalée "sur le chemin d'Orchamps". Un abreuvoir est ensuite creusé au Hameau de La Velle. Les anciens du village ont connu cet abreuvoir, en contrebas de la route d'Orchamps, à la sortie de Gendrey. Il avait été réaménagé à plusieurs reprises : en 1833, 1852, 1866, possédant alors un lavoir. C'était la fontaine de La Velle, mais l'entretien de sa tuyauterie de fonte était un souci constant pour la commune. Avant 1980, la boue envahissait encore ses abords, l'abreuvoir devenu inutile, sa suppression fut décidée. Le terrain nivelé, la maison des  Vuillemenot construite, entourée d'un jardin, borde désormais la rue de Lavelle. À l'arrière du jardin, subsiste la partie supérieure du grand mur qui surplombait la Fontaine de La Velle…

 

 

La fontaine de la place publique

 

Dans la monographie de Gendrey, Ambroise Bourdeaux ajoute : "le puits communal de la place n'était pas encore creusé à cette date, mais il le fut peu après, car il existait en 1621." Un puits signalé en 1800 fut abandonné avant 1838, date de sa restauration et du devis estimatif. Ce dernier donne des détails précis sur la margelle de forme octogonale, sur le treuil et sa charpente, la ferronnerie qui "proviendra des forges du Jura" etc. (voir le plan de 1852). Ce puits sera "couvert par un piédestal", entouré d'un bassin pour abreuver les chevaux. Par la suite, le puits sera

remplacé par une fontaine avec roue à godets, abritée sous le kiosque métallique, telle qu'on la voyait encore en 1950. L'abreuvoir de pierre fut vendu, mais la margelle du puits conservée dans la cour de ce qui est devenu l'école maternelle. Actuellement, un massif fleuri octogonal orne la place du village, près de l'abribus. Les fleurs mettent en valeur ce qui était la margelle de l'ancien

puits. La roue à godets a disparu, mais le kiosque devenu abribus en garde le souvenir…

 

 

 

Le grand abreuvoir du champ de foire

Plusieurs fontaines avec auge subsistaient dans les années 1900. On les distingue sur les cartes postales anciennes représentant le "champ de foire". Elles ont disparu. Entouré de ses bâtiments

de ferme, le "champ de foire" accueillait autrefois une importante foire au bétail. Un grand abreuvoir pavé de "pierres debout" avait été aménagé en 1833, en forme de cône renversé qui avait quinze mètres de diamètre. Il servait notamment à laver les pieds des chevaux, mais le bétail et les canards fréquentaient beaucoup ce que les anciens du village appelaient "Le Creux"... Les moutons du voisinage broutaient l'herbe du champ de foire (en 1900, une auge avec sa pompe étaient bien utilisées, situées près du grand abreuvoir). Ledit creux, situé au centre du terrain actuel, a été comblé en 1980, à la demande des voisins gênés par le chant des grenouilles, dit-on maintenant ...

Le cône renversé pavé en "pierres debout" datant de 1833, sommeille sous l'herbe...

Ce champ de foire, en grande partie conservé, enherbé et bordé d'arbres, représente aujourd'hui un élément de patrimoine unique sur le territoire de Jura-Nord. Promeneurs et cyclistes apprécient son aménagement récent avec table de pique-nique, sanitaire, bancs et terrain de jeux de boules…

 

   

Les bornes-fontaines

Avant 1930, le captage d'une source près du bois d'Arne et l'installation d'une station de pompage ont permis l'adduction d'eau dans la commune. Des bornes-fontaines complètent alors les points

d'eau le long des rues ; place du champ de foire ou rue Richebourg, elles remplacent la roue à godets. En janvier 1930, le règlement des concessions du Service municipal des eaux note qu'il "est interdit de prendre l'eau aux bornes-fontaines avec des fûts ou des récipients ne pouvant pas se porter à la main. Il est interdit (...) d'y laver quoi que ce soit, linge ou matériel". Cette interdiction visait à limiter l'usage de l'eau distribuée gratuitement...

En avril 1951, l'extension du réseau de distribution d'eau potable permet à tous les habitants d'avoir "l'eau courante sur l'évier" (ou à l'écurie), si bien que le 1er septembre 1952, les bornes-fontaines sont fermées. Certaines d'entre elles sont supprimées, d'autres sont maintenues à leur emplacement. Désormais, l'eau n'en jaillit plus, mais ces bornes-fontaines sont les témoins de l'époque où les maisons du village n'avaient pas l'eau sur l'évier…

 

Les "rigoles pavées"

En 1858-59, des rigoles pavées sont posées pour délimiter la chaussée et permettre le ruissellement des eaux. L'une d'elles traversait la place du village...  Elles ont progressivement disparu avec le goudronnage des rues et la pose de trottoirs. Elles ne subsistent que partiellement, comme au bord de la rue de la fontaine d'Embrun. Mais, d'année en année, souvent envahies par l'herbe ou les gravillons, ces rigoles pavées se dégradent de plus en plus.

 

Odette Bigeon

 

Maison du Patrimoine - Orchamps (Jura) - Bulletin n° 8, septembre 2004

 

http://pagesperso-orange.fr/patrimoine.orchamps-dampierre/bulletin/bulletin8.pdf

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Published by Doubiste - dans Villes et Villages
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