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4 avril 2010 7 04 /04 /avril /2010 17:05

Toutes sortes de marchandises !

Déjà, sous l’Ancien Régime, le produit phare était le sel, plus ou moins taxé selon les régions. C’était une denrée précieuse, notamment pour la conservation des aliments. Il était transporté par bateau sur la Loire depuis les salines de l’ouest, puis à dos d’âne ou d’homme, la nuit de préférence, jusqu’à la frontière qui séparait alors le duché de Bourgogne – français – de la Comté – suisse. On l’appelait d’ailleurs le “sel de lune”. Certains contrebandiers venaient le gratter jusque dans les cargaisons de morues !

Après le rattachement de la Comté à la France et la révocation de l’édit de Nantes, un mouvement de résistance s’est développé, qui a poussé les contrebandiers à se faire “passeurs d’hommes” pour venir en aide aux protestants persécutés.

 Il existait aussi un trafic d’écrits libertins ou de livres de philosophie interdits en France, ceux de Voltaire par exemple.

Au début du XIXe siècle, suite au blocus continental décrété par Napoléon 1er, les soieries, les dentelles, les mousselines, les châles de cachemire, le cacao, le sucre, les épices, le café ont pris le relais. Plus tard, dans le courant du XIXe siècle et jusqu’au début du XXe siè­cle, les contrebandiers ont transporté des pièces d’horlogerie, des pierres précieuses, du bétail sur pied – ovins, petits cochons – et même de la semence de taureau de la race Montbéliarde, très recherchée par les éleveurs suisses pour sa viande et son lait.

Pontarlier-douaniers-1.jpg

 

Les contrebandiers se sont toujours adaptés aux circonstances politiques et économiques. Si certains ont gagné de l’argent, la plupart trafiquaient pour survivre. C’était le cas notamment des femmes et des enfants, qui allaient chercher du bois de l’autre côté de la frontière, et vendaient sous le manteau du tabac, des cartes à jouer ou des allumettes au phosphore, dont l’État français s’était attribué le monopole de la vente en 1890…

Comment les contrebandiers s’organisaient-ils ?

En Franche-Comté, la contrebande était pratiquée essentiellement par nécessité mais aussi par jeu, celui du chat et de la souris ! Et de fait, à l’exception de Mandrin, un brigand de grand chemin célèbre au XVIIIe siècle, peu de contrebandiers ont constitué de véritables bandes armées. Certains utilisaient des meutes de chiens “blattés” – équipés de sac – pour transporter du tabac. Les animaux les plus robustes pouvaient supporter jusqu’à dix kilos chacun ! Mais ce phénomène est resté très marginal, contrairement à d’autres régions françaises comme le Nord, par exemple, où il existait un vrai réseau de complicité avec les tenanciers de bars.

En Franche-Comté, les contrebandiers passaient la frontière la nuit, à deux ou trois, avec un éclaireur. Ils communiquaient entre eux par des cris de chat-huant, portaient des chaussures avec des semelles montées à l’envers pour tromper les douaniers. Ils sortaient par tous les temps, avec des charges sur le dos pouvant atteindre les 50 kg !

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Que risquaient-ils ?

Les douaniers se sont souvent montrés tolérants envers les “petits” contrebandiers — qu’on appelait les “bricotiers”. Ils leur tiraient rarement dessus. Ils confisquaient la marchandise, infligeaient des amendes, et parfois des peines de prison de quelques mois. Même légères, ces peines humiliaient les familles pauvres qui n’osaient pas s’avouer dans le besoin, et les plongeaient parfois dans des situations dramatiques. Le principal danger pour les contrebandiers venait plutôt de la difficulté du terrain. Les gorges du Doubs sont très encaissées, on a retrouvé des morts au pied des falaises. Certains étaient pris au piège par la brusque montée des eaux ou bien se perdaient et mouraient de froid.

Existe-t-il toujours une activité de contrebande aujourd’hui ?

J’ai une anecdote à ce propos. Il y a trois ans, j’étais à la Chapelle-des-Bois, dans la forêt du Mont Risoux. Avec mon épouse, nous cherchions des bornes, qui marquent la frontière avec la Suisse. Soudain, trois “fées blondes” surgissent – en fait, des jeunes Suissesses en randonnée. La conversation s’engage, elles nous racontent qu’elles ont croisé un homme assez effrayant d’aspect. Effectivement, quelques minutes après les avoir quittées, nous apercevons, passant au large, un type habillé d’une cape et chargé d’un énorme bardas. Le lendemain matin, j’apprenais dans le journal local que la police avait arrêté un contrebandier qui passait des pierres précieuses…

Propos recueillis par Sophie Crépon

(1) Dominique Roger est rédacteur en chef de Détours en France et l’auteur de Sur les traces des contrebandiers, éd. Ouest France

 

 

Tabac, Sel, Indiennes -

Douane et Contrebande en Franche-Comté Au XVIIIe Siècle 

Ferrer, André

  livre-douane-1.JPG

 

Auteur : Ferrer, André
Editeur : Presses Universitaires De Franche-Comté
Collection : Cahiers D'études Comtoises
Parution : 2005
Nombre de pages : 360
Dimensions : 24.00 x 15.50 x 2.00

Résumé :

Dans le royaume de France, après sa conquête par Louis XIV, la Franche-Comté reste une province réputée étrangère. Ses frontières l'isolent autant à l'ouest, face à la zone des Cinq grosses fermes qui régissent l'espace économique intérieur, qu'à l'est, du côté de la Suisse, ou du nord, vers la Lorraine et l'Alsace. La Ferme générale organise l'espace douanier : bureaux et brigades se répartissent tout autour de la province, à l'extérieur, délimitant des zones où les denrées de contrebande sont surveillées de très près, par un millier d'employés des Fermes, exposés eux-mêmes à toutes les tentations, et aux vexations de la population. La contrebande porte sur des denrées fortement taxées : le tabac, importé d'Alsace, de Montbéliard et de la Suisse ; les indiennes, toiles imprimées dont Mulhouse et la Suisse ont d'importants centres de fabrication ; le sel (l'or blanc du Comté de Bourgogne), dont le prix varie fortement en raison de la gabelle ; les livres, objets d'un large trafic contrôlé par les filières spécialisées.

La contrebande n'est pas seulement le fait des habitants des régions frontalières : des villes comme Vesoul et Besançon en sont des plaques tournantes. Louis Mandrin lui-même traverse la province à plusieurs reprises. La principauté de Montbéliard, enclave territoriale, est une base pour les trafiquants.


A propos de l'auteur :

André Ferrer, maître de conférences à l'Université de Franche-Comté, présente ici une version allégée de la thèse qu'il a soutenue à Besançon.


Sommaire :

LA PREVENTION DE LA CONTREBANDE

·  L'installation des bureaux de traites dans une province franche

·  Le fonctionnement des bureaux et des brigades

·  La direction des Fermes de Besançon

·  La ferme face aux privilèges comtois du tabac et du sel : Le tabac, privilège comtois ?


FRANCHE-COMTE, PAYS DE LA CONTREBANDE

·  La contrebande du tabac

·  La contrebande des livres

·  Faux-saunage, prohibitions et fraudes des droits de traites

·  Les contrebandiers


LA REPRESSION DE LA FRAUDE

·  Les juridictions

·  Les peines appliquées aux contrebandiers

 

 

 

 

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Published by Doubiste - dans Histoire
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9 avril 2009 4 09 /04 /avril /2009 17:39

La Villedieu, c’était un village comme les autres sur le plateau de Vercel dans le Doubs : des maisons espacées avec des levées de grange, des murettes faites de pierres ramassées et servant de clôture, une maison d’école, carrée et solidement construite, des lavoirs et abreuvoirs et puis une église dédiée en 1850 à saint Jean Baptiste avec un clocher comtois.


 





L’abbé Jean Garneret, l’écrivait : La Villedieu était loin d’être un village quelconque.

 

Ce sont les chevaliers de l’hôpital Saint Jean de Jérusalem qui, en s’installant en 1180 dans ce village, lui ont donné le nom de « Villa Dei », ce qui veut dire domaine de Dieu. Ces chevaliers créent un hôpital et une commanderie et accueillent les malades, nourrissent les pauvres.

 

La commune de La Villedieu a été rayée de la carte de France à la suite d’un jugement d’expropriation en 1914, pour agrandir le camp militaire du Valdahon. Dès 1907, plusieurs fermes disparaissent acquises pour l’extension du camp : l’exode commence. Lors de la dernière réunion du conseil municipal, cette petite phrase a été écrite : « Notre patrimoine et notre civisme nous imposent de délaisser nos biens. ».

Depuis 1907 jusqu’au 1er juin 1926, date de la prise de possession de l’armée, les habitants ne se sont pas révoltés et par patriotisme, ont quitté leur village, leurs maisons, leurs terres, et même leurs morts pour aller vivre ailleurs, là où ils avaient pu trouver une maison, une ferme.

 

Le lendemain du départ, le village vidé de ses habitants est pratiquement intact : l’église est en ordre, l’école aussi, les deux fontaines donnent leur eau. Seuls ont disparu bêtes et gens.

A la disparition du village en 1926, l’église fut abandonnée et ses biens dispersés : les trois autels en marbre furent déposés dans l’église de Fontaine les Clerval, les vitraux, tables de communion, bancs et chaires et le chemin de croix dans la chapelle de Laissey, les cloches à Valdahon et Vercel, l’horloge à Rang et les dalles à l’église d’Epenoy.

L’église servit même de grange pour le fourrage pendant la guerre de 39-40. Personne n’a osé détruire l’église et la croix veille toujours sur les morts enterrés à ses pieds. Actuellement, il ne reste que l’emplacement des murs et le clocher dont le dôme a été remonté en 1979.

Le 13 août 1962, le conseil d’état supprime la commune de La Villedieu et rattache son territoire à Vercel qui s’appelle aujourd’hui Vercel Villedieu le camp, ce fut la première commune de France à être totalement supprimée.

 

Le clocher se dresse encore fièrement vers le ciel, et c’est au pied de ce clocher que les anciens et maintenant surtout leurs descendants viennent chaque année se recueillir dans ce qui fut leur village de La Villedieu pour prier et rendre hommage à tous leurs parents qui ont vécu et reposent encore autour de ce qui reste de l’église.


 

Une association « Les amis de La Villedieu » a été créée pour perpétuer le souvenir du village disparu et veiller à l’entretien et la sauvegarde de ce qui reste du village : son église et ses fontaines. Elle organise chaque année, le 1er dimanche de septembre, une rencontre des anciens et descendants de La Villedieu sur le site même du village à l'intérieur du camp du Valdahon.


L’emplacement du cimetière, la fontaine, l’abreuvoir et la source voûtée datant de 1637 , le clocher restauré en 1979 au bout d’une église dont il ne reste que les murs, voilà aujourd’hui ce qui reste du village d’hier.




Le cas de cette commune est unique en France, même exceptionnel. L’état, à l’époque, n’a pas voulu reconnaître le principe du droit de propriété des habitants sur certains biens communaux, comme la forêt du Chanois, 207 hectares, acheté en 1907 par la commune à l’aide de fonds provenant d’une première expropriation. Les habitants se sont battus en s’appuyant sur une ordonnance du roi Henri IV faisant défense à quiconque de s’attribuer les communaux de leurs sujets. Plus tard, la législation révolutionnaire avait formellement posé ce principe. Mais l’état n’en a pas tenu compte.

  

Démographie historique :
1593 : 21 feux 122 habitants
1614 : 22 feux
1657 : 45 habitants
1688 : 107 habitants
1735 : 22 feux
1790 : 233 habitants
1826 : 187 habitants
1851 : 233 habitants
1876 : 239 habitants
1901 : 182 habitants
1925 : 133 habitants

 







Photos et article extrait de : http://doubsgenealogie.fr/histoire/laVilledieu_01.php
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