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20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 18:00

Commune française, située dans le département du Doubs et la région Franche-Comté.

Le Valdahon, connu dès le XIIe siècle, était un village essentiellement agricole dépendant de la Seigneurie de Cicon dont le fief se morcellera à partir du XVIe siècle.

Valdahon village-1

Il n'y eut pas de château au village. Le ruisseau qui le traverse, né sur la commune voisine d'Epenoy au lieu-dit les Alloz, se perd à l'intérieur du camp militaire non loin de la station d'épuration et ressort dans la Loue sur la commune de Cléron ; on l'appelle maintenant le Dahon. Avant le XXe siècle, Le Valdahon était composé de trois hameaux :

Yise (Lieze ou Village-Haut quartier de la vieille église),

Valdahon village-11

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Valdahon-01

Des figures ont marqué l'histoire locale

Une des plus illustres familles à s'installer dans la commune restera certainement celle des Le Bœuf au XVIIIe siècle. Si une mauvaise réputation en réalité totalement injustifiée était attachée à cette famille (un proverbe valdahonnais ne disait-il pas : "C'est comme les bœufs du Valdahon, le meilleur ne vaut pas l'autre ") certains de ses membres se sont distingués, notamment Jules César Hilaire (1772-1847) dont le portrait trône dans la salle d'honneur de l'Hôtel de Ville qui a été militaire, peintre et même... inventeur. Il avait en effet mis au point, en 1821, un ingénieux fusil baptisé " le fusil de Valdahon " qui a fait date dans l'histoire des armes.

Autre figure marquante, celle du Chanoine Brachotte, professeur au Collège Duplessis dépendant de la Sorbonne, qui vers 1830 sur ses deniers fit construire la chapelle du Village-bas, créa une école primaire pour 12 garçons et 12 filles des plus pauvres familles de Valdahon du bas (actuellement, le bâtiment Jouffroy d'Abbans), ainsi qu'un Bureau de bienfaisance encore en activité en 1940.


Au fil du temps, des drames ont secoué la commune : tout d'abord l'invasion des Suédois au XVIIe siècle durant la Guerre de Dix ans ( 1635-1644) ; la commune fut pillée et brûlée, l'église détruite ; c'est ce qui explique qu'on ne trouve actuellement aucun bâtiment antérieur à cette sombre période. Le Valdahon connaîtra d'autres drames, comme l'incendie du 11 Novembre 1844 qui détruisit 32 maisons. Les guerres, celle de 1914/1918 et celle de 1939/1945 fauchèrent 50 personnes. Mais plus tragique encore fut sans aucun doute l'assassinat le 27 août 1945 de 8 civils, 5 hommes et 3 femmes arrêtés par la Milice et fusillés dans l'après-midi par les Allemands ; un monument est érigé à leur mémoire dans la rue baptisée " rue du 27 août ", à proximité de la gare.

Le développement de Valdahon nous le devons :

§      au passage de la voie ferrée, ligne Besançon - Le Locle par Morteau (1884) avec gare au village

§      à la création du camp militaire inauguré en 1907

§      à sa situation géographique : Le Valdahon est situé au cœur du département

§      plus récemment, aux axes routiers, la route des microtechniques (RD461 notamment. De plus, Valdahon est proche de l'autoroute A36 (liaison Paris/Mulhouse), et de l'aérodrome d'affaires de La Vèze.

http://www.valdahon.com/Presentation/31-histoire.html


le camp militaire

http://www.rg13.terre.defense.gouv.fr/

La commune accueille un camp militaire de 3 500ha. depuis 1907. En 1978, le camp militaire devient alors un camp de régiment et non plus de manœuvres uniquement. Depuis 2003 y est stationné le 13e régiment du génie.

 

Créé en 1943 à Témara (Maroc), à partir des compagnies du génie de Syrie et du Cameroun, le 13e bataillon du génie est affecté à la 2e division blindée du général LECLERC.
Il est engagé dans les combats de la libération de la patrie, en Normandie, à Paris et dans les Vosges, ce qui lui vaut six citations à l’ordre de l’armée.
Dissous en 1946, puis reconstitué en 1951 à Trèves (Allemagne), il prend part à la campagne d’Indochine et aux opérations de Suez et de Port-Said.
Il devient, en 1960, le 13e régiment du génie.
Il participe aux opérations de maintien de la paix en Ex-yougoslavie. On le retrouve également en Ukraine, Nouvelle-Calédonie, Mayotte, Canada, Bulgarie.
Le 1er juillet 1999, le régiment quitte Trèves et tient garnison à Epernay pour déménager encore une fois quatre ans plus tard à Valdahon.

Le 13e régiment du génie appartient à la 2e brigade blindée dont le poste de commandement est stationné à Orléans.

 Historique

Le camp du Valdahon a été créé en 1905 et les premiers bâtiments ont été inaugurés en 1907.


Valdahon camp entrée


Valdahon camp tentes xx
Valdahon camp-13 tentes
Valdahon camp-5 tentes
Valdahon camp-1
Valdahon camp-12 arrivée de la troupe
Valdahon camp-1914-1918 arrivée de la troupe
Valdahon camp nouveaux bêtiments
Valdahon camp lavoirs
Valdahon camp ecuries permanentesValdahon camp chevaux au repos
Valdahon camp arrivée de la troupe-4
Valdahon camp abreuvoir-2
Valdahon camp arrivée de la troupe-3
Valdahon camp piece de 155
Valdahon camp-7 artillerie
Valdahon camp-10 char d'assaut
Valdahon camp-16 char d'assaut
Valdahon camp-18 char d'assaut
Valdahon camp-17 char d'assaut
Valdahon camp-9 chars d'assaut
Valdahon camp-15 ballon d'observation
Valdahon camp 1931

Le camp en 1931

 Pour étendre l'emprise initiale du terrain de manœuvre, deux décrets ont été pris en 1913, visant à l'expropriation du village de la Villedieu au nord-est du camp. La première guerre mondiale a suspendu l'exécution de cette mesure, qui ne devint définitive qu'en 1926. Il subsiste à ce jour une zone sauvegardée qui comprend :

- les ruines de l'église,
- un terre-plein,
- un lavoir.

Lien vers article : La Villedieu était loin d’être un village quelconque.

A une trentaine de kilomètres de Besançon, le camp du Valdahon est situé sur le premier plateau du Jura, dans le département du Doubs, à mi-distance entre Besançon et la Suisse, à 90 kilomètres de Belfort, 250 de Lyon, 130 de Dijon et 450 de Paris.

Long de 7 kilomètres du nord au sud et de 5 kilomètres d'est en ouest, sa superficie est d'environ 3600 hectares. En grande partie boisé, le terrain offre cependant une possibilité de manœuvre des pelotons blindés à partir du réseau de pistes à chars. Enfin, il est doté de champs de tir bien équipés et électrifiés.

Une route périphérique est ouverte aux véhicules à roues et permet de rejoindre rapidement les différentes installations. Cette circulaire est doublée en sa partie par une route à chars.

Le terrain est assez calcaire, parsemé de gouffres ; aucun cours d'eau ne traverse le camp. L'altitude moyenne est de 600 mètres. Le climat continental est sain, froid en hiver, pluvieux au printemps et en automne, chaud l'été. Suivant les hivers, la neige tombe avec plus ou moins d'abondance de décembre à avril et peut atteindre des couches importantes.

Valdahon village-7
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4 octobre 2009 7 04 /10 /octobre /2009 18:46

LEVIER (Levier en 1261, Livier en 1264-1273, Lyvier en 1277) doit son nom à un étang qui occupait le fond de la cuvette au sud de la localité actuelle. Selon la légende, plus tard, des moines installés à Granges Maillot, finissent de défricher le site actuel de Levier.

L'époque préhistorique n'a laissé aucune trace au village ; seule la Voie Antique de Chalamont témoigne de l'activité commerciale de la région.

Au XIIIème siècle, l'histoire du Haut-Doubs est marquée par l'entrée en scène de la Maison de Chalon. Jean l'Antique conduit une politique d'expansion le long de la route de  Salins - Pontarlier, dans la Chaux d'Arlier et dans la haute vallée du Doubs. Le village se construit autour de sa fontaine, de ses fours banaux et de sa fruitière (1272).

A la fin du XVème siècle, la région de LEVIER est parcourue par les armées de Louis XI (le château de Maillot est détruit en 1480).

 

C'est au XVIIème siècle, que s'abattent sur LEVIER les grands malheurs:
- En 1636: la peste, la grêle et les incendies.
- En 1639: Le saccage de la localité par les Suédois sous la conduite de Saxe de Weimar.

Au XVIIIème siècle, LEVIER est la proie des flammes.
- En 1718, dans la nuit du 15 septembre, 80 maisons sont détruites et des récoltes anéanties. Seules l'église, la cure et les extrémités du village sont épargnées.
- En 1749, un violent incendie fait à nouveau des ravages.

Durant ce siècle et le suivant, LEVIER défend sa forêt contre l'usurpation royale qui supprime les us et coutumes des villageois (ordonnance de MAGLOT de 1727 dont le but est d'alimenter en bois les Salines). Or, la forêt était nécessaire pour trois usages :
- le droit de pâturage.
- le droit d'usage de bois de chauffage.
- le droit de bois de construction (de 1701 à 1851, 420 maisons sont détruites par le feu).

 

La Révolution permet le retour de ces usages pour les habitants de LEVIER.

La deuxième moitié du XIXème siècle est également marquée par :
de forts incendies :
- 1855: 270 sinistrés sur une population de 1535 habitants.
- 1882-1885: 5 personnes trouvent la mort.
- 1890: 15 sinistrés.

la guerre:
- 1870: le village est occupé par les Prussiens avant leur marche sur Pontarlier (1871).

 

une reconstruction, le patrimoine d'aujourd'hui :


- la réfection de l'église à partir de 1830.
- les fontaines et les lavoirs.
- l'Hôtel de ville et les Halles en 1860.
- le Pensionnat St Joseph en 1891.






Ecole communale des garçons



Dans son entrée au XXème siècle, LEVIER dispose :
- d'un axe routier important DIJON - la SUISSE
- du Tacot : - 1902 : ANDELOT - LEVIER
- 1920 : LEVIER - PONTARLIER et LEVIER – BESANCON

 

Les guerres, elles aussi, laissent leurs empreintes :
- 1914-1918: la Grande Guerre (53 morts) avec la venue des alliés américains en 1918 au Rondé.
- 1939-1945: la deuxième Guerre mondiale (12 morts), l'occupation allemande et les mouvements de Résistance très actifs notamment autour des Granges Maillot.



La deuxième moitié du XXème siècle connaît :
1) des périodes douloureuses :
- incendie le 13 mai 1958: 8 maisons détruites abritant 15 familles, 56 sinistrés et 2 pompiers blessés.
- tornade de force II le 02 juin 1982 : 5 maisons, 1 ferme, 1 scierie et 1 usine détruites, 8 blessés.

Aujourd'hui, LEVIER, à l'entrée du XXIème siècle, c’est :

 

Deux communes associées en date du 1er avril 1974, LEVIER-GRANGES MAILLOT .
- Un chef-lieu de canton, siège de la communauté de communes « altitude 800 » .
- Une forêt de 1441 hectares aménagée avec la Route des Sapins et ses nombreux points d'animation (le Rondé: parc animalier, sentier éducatif...) et célébrée chaque année à la Pentecôte avec la FETE DES SAPINS dont la 1ère manifestation date de 1964. Cette fête anime le village avec son corso fleuri et ses musiques variées et colorées.
- Une centaine d'entreprises, de commerces, d'exploitations agricoles et forestières, d'activités de service.
- Une vie associative riche et variée ( sports, loisirs, culture, services).
- Une vocation touristique avec son musée relais unique concernant le cheval de trait comtois et la forêt, un camping trois étoiles et des restaurants pour goûter les saveurs du terroir sans oublier la fruitière.

 

Extraits de :

 

http://www.levier.fr/histoire.php

 

 

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13 août 2009 4 13 /08 /août /2009 18:41

L'inauguration laïque


          Frasne
. Place de la Gare. Dimanche 11 novembre 1923 vers Il h 30 un incident éclate lors de la fête de l'Armistice. Un jeune homme de Frasne, Raymond Barthelet, trouble la cérémonie par des coups de sifflet et de clairon en signe de protestation contre l'absence d'une croix sur le monument aux morts. Deux sapeurs-pompiers, anciens combattants, inter­viennent pendant que le brigadier de gendarmerie dresse un procès-verbal pour trouble de l'ordre public dans une cérémonie patriotique. Cette forme de protestation vaudra à son auteur une amende de 15 francs et un jour d'emprisonnement, condamnation prononcée par le juge de paix de Levier.

          Cet incident, ses causes et ses conséquences seront relatés pendant plus de deux mois dans les journaux locaux et régionaux. Les nombreux articles de L'Éclair Comtois, du Cour­rier de la Montagne et du Journal de Pontarlier ainsi que les délibérations du conseil municipal de Frasne permettent de retracer  l’inauguration civile du monument aux morts.

          Dans sa séance du 25 avril 1921, le conseil municipal de Frasne vote un crédit de 50 500 francs pour l'érection d'un « Monument aux Morts pour la France, des Enfants de la Commune de Frasne », dont le projet est confié à Georges Laithier, sculpteur à Besançon, et dont la fin des travaux est prévue pour le 1er novembre 1921.

          Le 10 octobre 1923, le conseil municipal approuve le procès-verbal de réception provisoire et définitif concernant le monu­ment dédié aux 52 victimes de la guerre de 14-18 originaires de Frasne. Si, pour les uns, les travaux sont terminés, pour d'autres, ils ne le sont pas entièrement car il manque un emblème religieux: la croix.

          D'après Le Courrier de la Montagne, « il se trouve, en effet, que la municipalité a constamment refusé de faire figurer une croix sur ce monument, en dépit de la demande unanime des familles des morts ». La loi sur la séparation des Églises et de l'État (9 décembre 1905) avait irrité les catholiques et les passions étaient loin d'être apaisées. L'anticléricalisme et le fanatisme religieux avaient laissé des traces: Le monument aux morts et sa croix allaient illustrer cet antagonisme. Dans une mise au point publiée par Le Journal de Pontarlier après les événements du 11 novembre, Adolphe Girod, élu maire de Frasne en décembre 1922 à la suite du décès de son frère Charles qui occupait cette fonction, écrit: « Aussi bien les souvenirs que je garde des conversations avec mon frère aîné me permet­tent-elles de dire que, au moment où a été décrétée l'élévation du monument, il était en quelque sorte cordialement convenu entre les habitants qu'il y aurait un monument religieux à l'église, - ce sont les plaques commémoratives qui y ont été placées aux frais de la commune - et un monument civil, celui qui existe actuellement sur la place de la gare. Nulle objection n'avait été, à ce moment, opposée au projet de la muni­cipalité, les opinions de chacun paraissant bien être respectées par cette double manifestation en l'honneur de nos Morts, de nos Combattants et de la Victoire ».


          Il est certain qu'entre des plaques et un monument l'apparat n'est pas le même. Les partisans de la croix envoient alors une pétition au maire qui avait proposé au curé, l'abbé Raison, la solution d'une « croix en perles suspendue à un piton fixé dans la pierre ». Le 23 octobre, l'abbé Raison fait savoir au maire que l'archevêque interdit aux curés de bénir les monuments qui « ne portent aucun emblème religieux fixe» et qu'en conséquence son devoir est, « tout indiqué ».

          Le 4 novembre, les anciens combattants se réunissent et fixent leur programme qui le lendemain est approuvé par le conseil municipal: service religieux, cortège au cimetière, appel des morts, récitation du De Profundis par l'abbé Raison et sonnerie de clairon.

Les anciens combattants ayant établi leur programme, qui ignore totalement le monument aux morts, la municipalité décide alors d'organiser un cortège à travers les rues du village. Le Journal de Pontarlier du 10 novembre 1923 écrit: « À Il heures et demie, après les honneurs rendus aux morts par les Combattants; défilé des sociétés. Une gerbe de fleurs sera déposée sur le monument par la municipalité. La musique municipale exécutera l'hymne national sur la place de la gare ». chose étrange : personne ne parle de l’inauguration du monument aux morts.

          Dimanche 11 novembre, après l'office religieux auquel participe la fanfare municipale malgré semble-t-il, quelques pressions, le cortège se rend au cimetière. Ensuite la narration des événements devient tendancieuse.

          Pour Le Courrier de la Montagne, «tout le monde s'est dispersé. Place de la gare, le cortège ne comptait plus que quelques unités, pompiers et musi­ciens ». L'Éclair Comtois en dénombre un peu plus : « Quand il arriva place de la Gare, le cortège ne comprenait plus, que quelques pompiers et quelques musiciens escortés d'une .cinquantaine  de curieux ».

          Quant au Journal de Pontarlier, opposé aux deux précédents journaux et porte-parole de Girod, il a vu « un cortège composé des Sapeurs-Pompiers, de la municipale, de l'Union sportive et de nombreux habitants, [qui] a défilé à travers les rues, et rendu les honneurs au monument, magnifiquement décoré par les soins de la municipalité, du secrétaire de mairie et des fonctionnaires communaux ». Après avoir déposé une gerbe de f1éurs au pied du monument, Joseph Vuez, adjoint au maire, prononce (l’Eclair Comtois écrit: « débite à toute vitesse») un discours dans lequel il précise que le maire« ne peut, à son grand regret, être ici à cette heure ». Selon Le Courrier de la Montagne, il était allé à Besançon « palabrer dans un meeting de fonctionnaires ». Quant à L'Éclair Comtois, qui, dans un premier temps, avait dit qu'il n'y avait « pas trace» du colonel Girod, Il publiera un peu plus d'un mois après les événements la lettre anonyme d'un « Fraigneaud de race, qui prétend que vous (= Girod) avez eu une conduite lamentable ce jour-là, quand caché à la mairie (on vous disait absent, je l'avais cru et je le disais dans mon article du 17), Vous attendiez derrière une vitre l'issue de la manœuvre ». Sur ce point, il n'y eut apparem­ment aucun démenti de la part d'Adolphe Girod qui, fréquemment absent de Frasne à cause de son mandat de député radical-socialiste, semble avoir laissé agir son adjoint, Joseph Vuez, pour la question du monument aux morts. Pendant le discours de l'adjoint et d'après les deux journaux opposés à Girod, des sifflets se font entendre. La situation est très tendue. À la suite de l'intervention de Raymond Barthelet, une bagarre éclate; l'adjoint fait aussitôt jouer « La Marseillaise» « par quatre musiciens de bonne volonté ( ... ) tandis que leurs camarades les écoutent, leur instrument sous le bras» (L'Éclair Comtois). Dans un droit de réponse, le chef de la fanfare, Alfred Burlet, affirmera « qu'ils étaient quelques-uns de plus ». Après « La Marseillaise» et le procès-verbal du brigadier, le calme revient et tout paraît se terminer serei­nement si l'on en croit Le Journal de Pontarlier: « Un banquet a ensuite réuni les Anciens Combattants à l'hôtel Renaud, sous la présidence de M. le docteur Bernard et de M. Girod, député, président d'honneur de l'Association ».



          Cet épisode de la vie frasnoise témoigne de l'animosité qui existait alors entre les « Blancs» et les « Rouges », entre les « Calotins» et les « Libres Penseurs» ou plus simple­ment entre les Catholiques du « Bloc National» et la Gauche. Pour les « Blancs », l'inaugu­ration n'a pas eu lieu comme en témoignent les extraits de journaux: « inauguration laïque du monument laïque », « escamotage », « pseudo-inauguration », « inauguration occulte », « inau­guration improvisée, bâclée, clandestine et subreptice », « un monument qui n'est pas inau­guré »,« un bloc de pierre qui ne symbolise que l'esprit sectaire et révolutionnaire de quelques exaltés» ou encore « un monument quelconque, qui n'est pas encore reconnu, authentifié, un ouvrage anonyme ». Les « Blancs» n'étaient également pas tendres envers ceux qu'ils défi­nissaient alors comme « la majorité communiste et sectaire du conseil municipal ».

          Pour expliquer son refus de faire figurer une croix sur le monument, la municipalité s'appuyait principalement sur la loi du 9 décembre 1905 (séparation des Églises et de l'État) et sur le fait que « la guerre était en dehors de toute question de religion ou de philosophie ». Au cours de cette affaire, qui a vu la musique municipale dissoute par un arrêté municipal du 26 novembre 1923, la rancœur est profonde. A Frasne, le conflit politico-religieux a été plus violent lors de l'inauguration du monument aux morts que durant l'inventaire du 26 février 1906 qui a suivi la loi sur la sépa­ration des Églises et de l'État. En effet, c'était à ce moment-là « le calme le plus parfait" et Le Journal de Pontarlier précise même que la veille de l'inventaire le curé avait rappelé à ses paroissiens « que l'église est un lieu de prière et non de luttes politiques et de bagarres », d'où «correction, dignité et calme exemplaires de part et d'autre ».

 

  

L'inauguration religieuse

 

          Lors des élections munici­pales de 1929 et après deux échecs successifs, Louis Nicolet est élu maire de Frasne par sept voix sur onze le 19 mai. Ce changement à la tête de la commune va entraîner quelques mois plus tard l'inauguration officielle du monument aux morts avec les autorités religieuses.



          L'inauguration eut en effet lieu le 11 novembre 1929 et se déroula dans une ambiance plus sereine. La relation de cette cérémonie fut faite dans Le Courrier de la Montagne et dans Le Pontissalien, tous deux datés du samedi 16 novembre, sous la plume de J.-M. Defrasne. Quant au Journal de Pontarlier, il ignora totalement cet événement. ( !)


          Voici ce qui fut écrit dans Le Pontissalien :

          « Notre nouveau Conseil municipal avait fixé au Il novembre la date d'inauguration du monument élevé par la commune à la mémoire de nos cinquante-deux victimes de la grande guerre.

          La sollicitude et la perspicacité de nos édiles allant même jusqu'à repérer le beau temps, ce fut, entre deux jours froids et maussades de brouillard et de pluie, une journée splendide de soleil, durant laquelle toute la population fraternisa dans un même sentiment de pieux souvenir, de concorde et d'union sacrée.

          La cérémonie commença par une grand'messe de Requiem à trois prêtres, chantée par M. l'abbé Renaud, ancien curé de la paroisse, toujours vaillant bien qu'octogénaire, et qui baptisa bon nombre de ceux dont la glorieuse mémoire était célébrée en ce jour.

Notre belle et vaste église, pompeusement décorée pour la circonstance, était comble d'une assistance aussi nombreuse que recueillie. Des places spéciales y avaient été réservées pour les autorités, les deux musiques, la compagnie des sapeurs-pompiers, le groupe imposant des Anciens Combattants et les familles des victimes, dont plusieurs membres portaient les décorations gagnées par celles-ci sur les champs de bataille.

Nos deux fanfares, ainsi que la chorale paroissiale, versèrent tour à tour des torrents d'harmonie sur l'assistance. A noter, tout particulièrement, le Crucifix de Faure, interprété de façon magistrale par deux voix chaudes et vibrantes que l'on aime toujours à entendre.

          Après la sainte messe, M. le chanoine Gaillard, directeur des oeuvres diocésaines et ancien aumônier de guerre, monta en chaire et prononça un magistral discours dont il a le secret et qui fit profonde impression sur tous ses nombreux auditeurs.

          Après les prières et le chant du Libera, la foule, musiques et drapeaux en tête, s’achemina, en un cortège imposant et dans l’Ordre le plus parfait, auprès du monument admirablement décoré pour la circonstance et au pied duquel, après l’appel des Morts, toujours si impressionnant, quatre discours furent prononcés, au milieu de l’émotion générale, par M. Louis Nicolet, nouveau maire de Frasne, M. le docteur Bernard, président de l’Association des Anciens Combattants, M. Joseph Grillet,  notre dévoué conseiller général, et enfin M. le sénateur Ordinaire, qui avait bien voulu venir rehausser, par sa présence, cette fête du souvenir.

          Le correspondant du Pontissalien termina son article par cette phrase : "Sur cette éloquente péroraison, la foule émue se dispersa, emportant pieusement le souvenir de cette belle cérémonie qui restera à jamais gravée dans les annales de la cité".




Maintenant, après avoir tant défrayé la chronique dans les années 1920 à cause d'une croix, le monument aux morts se trouve depuis novembre 1989 ... face à la croix de la place de l'église.

 

 

Extraits de :


 Livre de 176 pages
contenant plus de 160 illustrations
sur l'histoire de Frasne
au début du XXe siècle.
Couverture cartonnée. Format A4

Auteur : Michel RENAUD

Prix du livre : 29 €
(+ 6 € frais de port)

Pour commander ce livre,
contacter l'auteur

mi.renaud@wanadoo.fr

Mais la petite histoire est  elle terminée pour autant ?

Ce monument implanté sur la place de la gare gênait l’aménagement de cette place pour le stationnement des voitures  … dit-on … ( !)


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27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 17:36

La toponymie est la science qui étudie le nom des lieux ; il s'agit d'une discipline qui allie notamment linguistique, géographie, Histoire... Le cas de Pontarlier par exemple renvoie probablement à la linguistique gauloise et à la géographie : ariolica, qui signifierait selon certains « devant la falaise » ou « marais » selon d'autres aurait donné son nom à la plaine de l'Arlier et Pont- Arlier aurait sans doute été fondée sur un lieu de passage sur cette plaine... Le nom de la ville est désormais fixé même si les appellations évoluent selon les siècles : pons Arlie (Xème), pontalie (XIVème)...

Le cas d'un village voisin de Pontarlier relève davantage de l'Histoire que de la linguistique : il s'agit des Alliés : cette commune est appelée LES ARCENETS au Moyen-Age et le bourg est alors situé près de la Grange de la Petite Ronde. La naissance du village actuel est due à Henri de Joux (1304-1326) qui fait appel à de nouveaux habitants venus de Suisse alémanique, ce qui entraînera un conflit judiciaire avec l'Abbaye de Montbenoît (un procès a lieu en 1337) qui obtient finalement rétrocession des terres et de ses habitants.... les deux appellations coexisteront mais LES ALLEMANDS devient ensuite officielle, sans poser de soucis à quiconque.

La guerre survient en août 1914 et embrase rapidement le continent européen ; faits insupportables pour nos compatriotes, les morts au combat sont nombreux, la guerre se prolonge et une partie du Nord Est de la France est occupée par les troupes allemandes et leur Empereur est tenu pour criminel : son pays a déclaré la Guerre et envahi la neutre Belgique...Les habitants des Allemands doivent certainement faire l'objet de railleries et de plaisanteries locales : Aussi est-il décidé de donner un nouveau nom à la commune : trois sont proposés à la population : « Sainte-Foy », du nom du saint Patron à qui est dédié l'église du village, « Bellevue », sans doute un nom neutre et valorisant et « Les alliés », par opposition au nom précédent et au ton patriotique : les alliés de l'époque sont alors constitués de la France, du Royaume Uni, de la Russie -soit la Triple Entente- ainsi que de la Belgique et la Serbie. C'est le troisième choix qui est retenu par la population par voie de référendum semble-t-il. Ce nouveau toponyme est entériné à l'occasion d'une « session extraordinaire » du Conseil Municipal le 6 décembre 1914 dans les termes suivants : « ...le nom de Les Allemands porté par la commune est de nature fort peu sympathique, peu respectable et qu'il y a lieu dans les circonstances actuelles d'en demander le changement .... la population entière émet le même vœu, qu'elle n'est pas fière et même honteuse d'habiter une localité au nom détesté». Le Conseil prie ensuite le Préfet d'approuver cette mesure et souhaite « que satisfaction soit accordée d'en haut lieu à toute la population communale ». Le maire, M Paul POURCHET, voit son vœu exaucé par le Président de la République en personne, M Raymond POINCARÉ : le Décret présidentiel est signé du palais de l'Elysée le 14 octobre 1915. Le Journal LE PONTISSALIEN s'en fait l'écho, sans commentaires, en son édition du 31 octobre.

Les habitants des Alliés ont prouvé ainsi leur ardent patriotisme de façon pour le moins originale mais, comme de nombreux autres villages, le registre des délibérations communales révèle plusieurs élans concrets de solidarité nationale : Dons à la Croix Rouge, aux Œuvres des Orphelins de guerre, à l'Ecole de Rééducation, aide à la demande de « madame la présidente du comité de l'Union des femmes de France de Pontarlier (l'Hôpital), souscription pour l'érection d'un monument au Caporal Peugeot à Joncherey (premier tué officiel du conflit, un « acte criminel »), participation au quatrième emprunt national... Cet élan se poursuit après l'Armistice : dons au Comité de réception des Prisonniers « afin de recevoir nos malheureux avec bonté et générosité », aux Pupilles de la Nation, aux Mutilés, aux Régions et aux agriculteurs ruinés par la guerre...1920 s'engage sur une voie optimiste, le même registre indique la souscription à hauteur de 4 000 francs à l'Emprunt de la Paix et l'électrification de la commune est engagée...

 

Philippe DELFIOL

                  

http://www.admdp.com/web/index_f.htm

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26 juillet 2009 7 26 /07 /juillet /2009 18:46

 

Le moulin n'est "que" la partie visible d'un système de circulation de l'eau dans la commune à la fin du XIX ème siècle. D'autres constructions visibles étaient les fontaines, aujourd'hui disparues. Il est donc impossible d'écrire un article uniquement sur le moulin, dans la mesure où celui-ci ne peut-être dissocié de l'ensemble des installations construite à partir de 1875 pour amener l'eau dans la commune.

Les propos qui suivent ont pour but de comprendre pourquoi et de quelle façon s'est mis en place le système d'adduction, de conduite et de distribution de l'eau.
Toutes les informations fournies proviennent de recherches aux archives départementales.

-
"La salubrité publique, la sécurité et la fortune des habitants tant de fois compromises par de ruineux incendies appellent depuis de longues années l'arrivage et la distribution des eaux. La richesse de la commune en permet la réalisation immédiate"


-
" Il n'y a pas à COURVIERES de fontaines jaillissante. L'eau est fournie aux habitants et à leur nombreux bétail par quelques points qui s'alimentent près du sol, reçoivent les détritus et les engrais des terres cultivées et ne livrent à la consommation qu'un liquide impur, fortement coloré, répugnant à l'odorat et au goût,"

 Ces deux phrases sont extraites de documents datés de mars 1877, qui présentaient les devis et le projet.
Un premier projet de construction d'un réservoir d'eau avait vu le jour en février 1844. (C'est le réservoir avec abreuvoir de "la place".).Mais il fallut attendre l'augmentation des besoins en eau dans la deuxième moitié du XIX ème siècle pour voir un projet d'ensemble aboutir. Ces besoins sont :
- la consommation (des habitants et du bétail)
- l'eau pour éteindre les incendies (courants et dévastateurs à l'époque.)

D'où la décision prise par la commune d'équiper COURVIERES des installations nécessaires. C'est le 18 Mars 1877 qu'est établi le devis pour "la construction d'adduction, d'élévation et de distribution de l'eau à COURVIERES". Le moulin s'inscrit dans l'ensemble de ce projet, il n'en est qu'un élément et non le point central. Le contenu des archives est d'ailleurs révélateur : il existe beaucoup plus de documents sur les canalisations et les réservoirs que sur le moulin.

 

L'eau provenait de la source de la Gaudine. Elle fut captée à partir de 1878, puis acheminée par une canalisation (de tuyaux d'abord en bois) jusqu'a un réservoir de 300 m3 (celui qui jouxte la tour du moulin), situé dans le "bas-pays". L'eau était ensuite refoulée dans un réservoir de 1200 m3, situé dans le "haut-pays" grâce à l'éolienne qui actionnait la grosse pompe. De ce réservoir principal du "haut-pays", l'eau était distribués dans plusieurs fontaines dans le village. (cf. le plan )


L'ensemble des travaux s'est étendu de 1875 à 1880, la durée des travaux s'expliquant par les nombreux ouvrages à réaliser : canalisation pour acheminer l'eau jusqu'au village et dans le village, construction des réservoirs (en pierre de taille) et des fontaines. Pour avoir une idée, le premier devis était de 86 000 francs plus 5 000 francs pour la pompe (en 1877).
Des devis supplétifs suivirent, au fur et à mesure de l'avancée des travaux :
- en février 1880, pour augmenter la capacité du réservoir principal, pour "parer aux interruptions de mouvement de la pompe" et "en cas de sécheresse".
Ainsi, en cas de problème, le réservoir du "haut pays" pourrait assurer la consommation en eau pendant une semaine.
- en octobre 1880, pour divers travaux, pour la construction d'une cinquième fontaine (celle de "la place"), pour augmenter la longueur et la largeur du puisard à la source.

 -en septembre 1883, pour déplacer le puisard et une partie de la canalisation à cause d'écoulements infectes.

 


Une première grosse tranche de travaux date de 1875-1880/83.une deuxième tranche débute en 1921. D'autres sources sont captées (source le la Loye depuis 1906, source de la Fulgence, source basse et haute, source de Beaumont.)
Un réservoir alimentaire de 2 000 m3 (celui de l'Aubette) et surtout 60 branchements particuliers de la conduite de distribution aux maisons, sont effectués. C'est donc en 1921 que l'eau courante arrive directement chez l'habitant. (cf. plan)

 

A la question : à quoi servait le moulin ? Vous pouvez désormais répondre qu'il était le moyen de monter l'eau de la source de la Gaudine dans le haut du village jusqu'au réservoir qui alimentait les fontaines du village.
A la question : est-il vrai qu'il est tombé en panne et n'a jamais fonctionné?

et bien disons que cela relève d'un "mythe". En effet, malgré des défaillances de la pompe qui sont signalées, il a fonctionné et rempli le rôle qui lui était assigné.

Les archives dépouillées jusqu'à présent ne permettent pas encore de dire précisément quand il a cessé de fonctionner.

bulletin municipal 1995
Stéphanie COURTEBRAS

JUIN 2009
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13 mai 2009 3 13 /05 /mai /2009 17:44


Une demi lieue avant d’arriver à Orchamps, bourg également situé sur la rive droite du Doubs, nous descendîmes dans une gorge profonde que la grande route, resserrée en ce point, traverse.

Un bruit sourd, lent et monotone, fixa mon attention ; mon co-voyageur s’en aperçut, et m’apprit qu’il était occasionné par une usine à laver et à couler le minerai.

Bâtie sur une espèce de torrent, à quelque distance du Doubs et du canal Monsieur, cette solitaire habitation, devant laquelle nous ne tardâmes point à passer, à toujours conservé son ancien nom de Moulin Rouge, et n’était autrefois qu’un chétif et misérable cabaret où plus d’un voyageur trouva la mort.

Ce secret , longtemps inconnu, fut enfin découvert par un lieutenant au régiment de Rye, nommé Gaspart Vurry.

 

« Il revenait de Besançon avec sa femme et une domestique,  montés tous trois sur un chariot couvert ; c’était la fin de décembre 1604 ; la neige tombait à gros flocons,  la nuit approchait, et les voyageurs transis ne distinguaient plus un chemin devenu dangereux ; ils se décidèrent à coucher au Cabaret Rouge. L’hôte, vieillard vigoureux, et ses deux fils, frayèrent un passage à la voiture arrêtée par la neige que la bise avait  amoncelée, tandis que l’hôtesse, sa fille et sa servante s’empressaient auprès de la dame Vurry et de sa domestique.

On les relégua tous les trois dans une espèce de galetas en dessus de la cuisine : la malpropreté du local, la figure sinistre des hôtes, inquiétèrent les compagnes du sieur Vurry. Pierrine, la fille de chambre, descendit sans faire le moindre bruit, et remonta toute effrayée raconter à ses maîtres qu’elle venait d’entendre l’hôtesse promettre son devantier (tablier) à sa servante : Gaspard, lui-même, avait remarqué quelques signes d’intelligence entre la mère et ses fils. L’inquiétude, la terreur les agitent ; il visitent avec le plus grand soin le taudis où ils doivent passer une nuit pénible, remarquent des traces de sang à la ruelle du lit, et bientôt leurs horribles soupçons, leurs craintes affreuses se réalisent à  l’aspect d’un cadavre nouvellement égorgé, qu’ils trouvent caché dans un cabinet voisin de leur chambre. Que faire, que résoudre en cette cruelle conjoncture ?

Les brigands, déjà au nombre de six, en comptant les femmes, pouvaient avoir des complices ; la maison, entièrement isolée, ne permettait d’espérer aucun secours ; une lampe, dont la lumière douteuse éclairait à peine, le vent qui sifflait en gémissant, tout contribuait à augmenter l’effroi des deux femmes. Il fallait prendre un parti décisif. Vurry est brave, et se décide en brave ; il charge ses pistolets, les cache sous son habit, ainsi sue son couteau de chasse, et descend à la cuisine où toute la famille rassemblée achevait de souper. Il remarque la surprise que lui cause sa présence inattendue, feint de ne pas s’en apercevoir, puis, adressant adroitement quelques compliments à la fille, il se met en face d’elle, derrière le père, qui lui-même est entre ses deux fils ; mais, dès qu’il voit que l’étonnement a fait place à la sécurité, il tire doucement ses pistolets, les décharge à bout portant sur les deux frères, et se précipitant aussitôt sur le vieillard, lui plonge son long couteau de chasse dans la poitrine. Débarrassé avec tant de bonheur et de présence d’esprit des trois hommes, il lui est facile d’imposer aux trois femmes ; Pierrine l’aide à les attacher aux poteaux qui soutiennent le toit de la maison, puis, craignant de nouveaux dangers, il ferme et barricade toutes les issues,  recharge ses pistolets, et reste en observation à la lucarne. Vers minuit, ses craintes se confirment : quatre autres  brigands se présentent, ils frappent à la porte à coups redoublés, appellent, demandent à boire ; mais l’écho seul leur répond ; ils s’éloignent, et dès la pointe du jour les voyageurs eux-mêmes abandonnent ce lieu d’horreur, après s’être assurés que les femmes ne peuvent s’échapper. 

 

Bientôt la justice s’en empare ; elles subissent la peine de mort, après avoir révélé une infinité de meurtres dont on avait jusque-là méconnu les auteurs. »

 

La maison fut rasée, et, sur ses ruines, on construisit un moulin, qui lui-même, fut converti depuis en forges. J’écoutais encore ce triste récit que nous touchions déjà aux premières maisons d’Orchamps.



Ce bourg, qui est traversé par la route de Besançon, est bien percé, a d’assez bonnes auberges, une fontaine et un pont de pierre sur le Doubs. Il possède aussi deux belles fabriques l’une de porcelaine salubre, dite hygiocérames , l’autre de poterie en cailloutage. Outre les ruines de son château, on y  voit encore une maison forte, que d’anciens titres annoncent avoir été bâtie dans le onzième siècle ; elle est entourée de larges fossés ; on y remarque un puits creusé dans le roc, au milieu d’une cave aussi vaste que la maison , un pont-levis, des murailles de trente mètres de hauteur et de trois d’épaisseur, dans lesquelles sont pratiqués des meurtrières, des escaliers et des cachots.

 

Extrait de :



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12 mai 2009 2 12 /05 /mai /2009 23:42

par Jeanne Le Bretton


La tuilerie d’Ecole (Doubs) fut créée en 1840 par M. Salenstty.

Est-ce l'époque où les chevaux se relayaient en faisant tourner une

roue en pierre sur une autre pour écraser la terre ? Un manège, m'a-t-on

dit. Un système un peu semblable à celui que l'on employait dans

le midi pour écraser les olives et en extraire l'huile. C'est sans doute

aussi l'époque du tout premier four, assez sommaire, dont quelques

vestiges furent retrouvés en 1937.



1867 fut l’année de la reprise hésitante de la gérance par Joseph Renaud qui l’acheta en 1874.

En 1882 c’est M. Poulain qui lui succède, l’oncle de M. Bouteiller, ancien maire d’Ecole.

Puis ce fut Gaston Delavaux en 1910, qui faisait partie de la 3ème génération des "Delavaux tuiliers"

 

Il existait déjà un dicton à l'époque : "Qui dit Delavaux dit tuilier, qui dit Lachiche dit cordonnier".

 

Mon oncle fut tué à la guerre en août 1914 et la tuilerie resta inerte jusqu'en 1919, date à laquelle elle fut reprise par son frère, Maurice Delavaux, mon père. Il remit en état le premier four, un cinquante tonnes de forme carrée, sur deux étages. La cuisson durait plusieurs jours et nuits et s’effectuait grâce à deux foyers alimentés par fagots (petits feux), puis par charbonnette, puis par gros bois pour intensifier la chaleur. En ce temps-là, en hiver, la saison n’était pas favorable à la fabrication des produits puisqu’ils séchaient à l’air libre et Papa employait alors les ouvriers à la coupe des bois en forêt et à leur transport dans des charrettes spéciales à quatre roues et tirées par chevaux jusqu’à la tuilerie. Je me souviens qu’il achetait les coupes dans les villages environnants et j’avais toujours plaisir à l’accompagner dans les bois et à la salle des ventes. Le stockage du bois se faisait de préférence sous hangar. C'était l'époque où les ouvriers partageaient nos repas à la table familiale.

Maman en assurait l'intendance par le jardinage, la basse-cour etc. En février 1929, par un hiver

particulièrement glacial, tout ce stock, soit environ vingt-sept énormes voitures de bois, prit feu. La

proximité des foyers du four, chargés par des grosses bûches de chêne qui dégageaient une pluie d’étincelles lorsqu’on les ouvrait, avait suffi pour atteindre les stères les plus proches et les plus secs et pour les embraser. La pompe à bras des pompiers de Pirey et les efforts de voisins qui faisaient la chaîne avec des seaux paraissaient faibles pour éteindre ce brasier. Cependant les bâtiments de

la tuilerie furent épargnés grâce à l'intervention des pompiers de Besançon.



J'ai assisté à trois sortes de fabrication.

La première se situe au temps où j'étais encore à l'école communale (dans l'ancienne maison Grunenwald), disons 1930, au temps où je ne m’intéressais qu’à la fabrication des billes avec la marne pour approvisionner les récréations. Cette glaise provenait de l'ancienne marnière située sur l’emplacement actuel de la propriété Urban, route de Miserey. Elle était acheminée jusqu’à la

tuilerie par tombereaux à chevaux et basculée dans une, puis dans deux fosses où l’eau détrempait la terre. Un ouvrier, à l’aide d’une simple pelle, la déplaçait sur une plate-forme pour qu’elle perde son excès d’eau ; un deuxième ouvrier la reprenait pour la faire passer dans un broyeur. Elle tombait entre une paire de cylindres pour l’affinage puis elle passait dans une hélice en longueur qui la propulsait vers la sortie de la filière pour faire soit de la tuile soit de la brique. Le ruban d’argile qui

arrivait sur un chariot de deux mètres environ était découpé par un fil dans un mouvement de va et vient ; une troisième personne reprenait les  tuiles une par une sur une planchette légèrement creuse ou, avec l’aide d’une «fourchette» spéciale pour chaque type de brique, les déposait sur la planchette qui convenait le mieux pour le séchage. Là deux ou trois personnes reprenaient ces planchettes garnies dans des brouettes différentes pour les poser à nouveau sur des rayonnages où les produits séchaient à l’air libre. Ce travail ne se faisait pas en hiver. Suite à son certificat d'études et après des études volontairement écourtées au pensionnat d'Ecole et à l'institution St Joseph à Dijon, mon frère Robert avait hâte de revenir aider son père à la tuilerie, il devait avoir seize ans ; c'était donc

en 1936.

C’est là que je situe la deuxième période. Dès cette époque Papa décida la construction d'un

deuxième four. Un four tournant à quatre chambres nécessitant la manipulation de cinq tonnes journalières de produits et avec la possibilité, après cuisson, de récupérer la chaleur pour activer le séchage des matériaux à cuire. Puis ce fut la construction du séchoir automatique et, grande satisfaction, la possibilité de  pouvoir fabriquer en hiver ! Le nouveau mode de transport de la marne

s'effectuait par wagonnets dont les rails longeaient la route de Miserey ; ils étaient tractés par chevaux jusqu’à la tuilerie. Comme nous étions presque autant cultivateurs que tuiliers, lorsque

la saison ou le temps favorable était à la fenaison ou à la moisson et occupait les hommes, je prenais part plus intensément à tous les travaux de la tuilerie : fabrication, séchage, remplissage du four, empilage des produits cuits et même chargement des camions. Il en a été de même pour ma sœur.

 

Mes tantes et plusieurs de mes cousines faisaient de même dans leurs tuileries respectives.

 

Les années suivantes, le fonctionnement de la tuilerie fut perturbé par la guerre, la mobilisation

de Papa à Lure, puis par celle de Robert et par l’exode. Les réquisitions successives, tant par l’Etat français que par les Allemands nous ont privés des camions, chevaux et autos. Comme les carburants étaient rationnés, un camion gazogène fut utilisé, pour lequel nous fabriquions nous-mêmes le charbon de bois. Une ancienne Hotchkiss fut transformée en tracteur. La tuilerie reprit son activité

petit à petit dès 1945. Il fallait retrouver la main d’œuvre disparue du fait de la mobilisation.

En 1949, Aldo Miconi, mon futur beau-frère, arriva à la tuilerie. Remarqué par son travail consciencieux et son habileté, il fut très vite apprécié.

Papa et Robert étaient constamment à la recherche d’une amélioration des matériaux et donc d’un perfectionnement de leur fabrication. En fonction des différentes qualités d’argile, de la proportion de leur mélange, de leur cuisson, les résultats pouvaient être fort différents. La proximité de la forêt et la présence de grandes racines dans la marne obligèrent Papa à abandonner la première carrière pour en exploiter une nouvelle située un peu plus loin, mais nécessitant l’achat d’un nouveau camion pour le transport de la terre.

C’est l’époque où nous avons abandonné la culture, au grand soulagement de Robert.

Puis arriva le coupeur automatique pour tuile plate, rectangulaire ou écaille, destinée à trois teintes différentes : le rouge naturel, la tuile vieillie dans la masse, l’engobe ardoise par un bain manganeux, dont la publicité est encore visible, actuellement, sur les anciennes chambres des ouvriers célibataires. Pour pouvoir activer ce coupage et même le doubler, Robert eut la satisfaction d’en découvrir le système.

Nos matériaux de qualité étaient réputés dans la région.

Leur présentation et leur finition plaisaient aux clients et nos petites tuiles étaient appréciées dans le Haut-Doubs pour leur résistance au gel.

 

Un exemple parmi d’autres : l’école d’optique de Morez.

C'était une petite entreprise intelligemment dirigée vers des techniques modernes. Les perfectionnements réalisés nécessitaient un personnel plus qualifié.

Papa se sentait fatigué, il décida de passer sa succession en formant une société familiale, dès 1954, avec ses trois enfants ; le seul garçon restant au foyer en devint le gérant.

Après une vie bien remplie, tant dans la tuilerie que dans la commune d’Ecole, puisqu’il en fut conseiller municipal et maire durant plusieurs années, Papa décéda le 2 mars 1955 à l'âge de 63 ans.

 

La troisième phase débuta avec Robert.

Le deuxième four ne lui donnant pas entière satisfaction, et pour permettre un refroidissement plus lent, il décida la construction d'un troisième four en 1956. Un four tunnel semi continu de vingt-et-un mètres de long, de plain-pied, et en forme de fer à cheval dont le feu progressait sur quarante-deux mètres pendant une semaine et par chauffage automatique au charbon.

 

Sous surveillance d’architecte, notre beau-frère Aldo Miconi, qui avait depuis quelques temps appris la maçonnerie, en réalisa entièrement la construction.

Malgré un avenir incertain dans sa succession, puisqu’il n’avait pas d’enfant, Robert avait le souci d’investir pour moderniser, activer la production et soulager la main  d’oeuvre sans augmenter le nombre d’ouvriers. Ainsi firent leur apparition pelleteuse, élévateur, manitou, tracteur… Fut installé ensuite le système hydromécanique pour humecter la terre sèche distribuée par deux ouvriers qui la répandaient sur une toile sans fin, mais humectée différemment suivant les produits.

 

L’époque était révolue de la brique pleine faite à la main, comme en 1800, et de la presse à briques de parements d’où l’on ne sortait qu’une brique huilée toutes les quatre ou cinq minutes. On était passé à la production artisanale moderne réalisée par Papa puis mon frère. La production annuelle était arrivée à un million de petites tuiles plates, utilisées principalement pour la restauration des monuments historiques, et à 500 000 briques, pleines et creuses, de toutes dimensions (Est Républicain de 1959).

 

En 1971, la tuilerie pouvait fonctionner avec huit employés. Robert pensait remplacer le charbon par le gaz. Le premier combustible était vraiment trop contraignant, trop salissant pour les chauffeurs. Mais son projet fut interrompu par son décès prématuré et accidentel, dans sa tuilerie le 13 juillet

1971 ; il n'avait que cinquante et un ans. Il laissait vide aussi la place de maire d’Ecole qu’il occupait depuis 1964.

 

Ainsi disparaissait, dans la région, le dernier tuilier de la quatrième génération des tuiliers Delavaux,

un passionné de terre glaise et de mécanique.

Ensuite la tuilerie fut mise en gérance. Mais le 3 août 1973 elle fut détruite par un incendie. Seuls quelques vestiges des bâtiments sont restés à leur emplacement au 24 rue de la Tuilerie.

Des briques de parement, encadrant portes et fenêtres, un auvent et un petit toit couvert de tuiles vernies marquent l’ancienne demeure du dernier tuilier Delavaux de la région qui, avec patience et persévérance, avait découvert lui-même les secrets des cuissons et des vernis, dignes de mériter les compliments de Bernard Palissy.

 

Un petit toit, avec un dessin de tuiles de différentes couleurs, permet de situer, au 14 de la rue de l’Amitié, l'avant-dernière demeure de mon beau-frère Aldo Miconi, décédé le 29 mars 2002. Je reste aussi fière de mon arrière-grand-père qui a quitté son métier de bûcheron pour créer la première tuilerie Delavaux, que de mon père et de mon frère qui ont su faire prospérer leur entreprise en l'adaptant à des techniques de plus en plus modernes. Les quatre générations des tuiliers Delavaux firent fonctionner, dans la région, de 1838 à 1971, les tuileries de Vaire-le-Petit, de Boult (70), Torpes-la-Piroulette, Recologne, Ecole, Pin-l'Emagny, Ancier (70). Mon cousin Gaston Delavaux, natif de la Piroulette, ingénieur de l'Ecole de Sèvres, tenant la tuilerie de la Rochefoucault, donc le tout dernier tuilier Delavaux, est décédé là-bas le 12 janvier 2002, à l'âge de quatre vingt-cinq ans.

 

En tout, quinze tuiliers Delavaux dans huit tuileries, sans compter l’aide féminine apportée par les mêmes générations.

 

Je remercie particulièrement

M.Fumey, un ancien employé de mon frère, et ma sœur Marguerite, pour m'avoir donné quelques renseignements.

Il est vrai que j'ai quitté la tuilerie fin 1949, et que depuis cette date, je manquais de précisions.

Le ciel a voulu que, dès mon plus jeune âge, je puisse admirer la beauté des toits et des tuiles et par la suite… un peu plus haut, les antennes… avec celui qui regardait encore plus haut… les avions.

 


Jeanne Le Bretton

 

Maison du Patrimoine - Orchamps (Jura) - Bulletin n° 8, septembre 2004

 

http://pagesperso-orange.fr/patrimoine.orchamps-dampierre/bulletin/bulletin8.pdf

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11 mai 2009 1 11 /05 /mai /2009 19:14
La mémoire d’un patrimoine...


La monographie de Gendrey, écrite par Ambroise Bourdeaux, parle succinctement des puits et des fontaines du village. A. Bourdeaux avait été instituteur en ce village avant 1900, et donc secrétaire de mairie. Il avait pu étudier les archives, en mairie... La monographie sera éditée en 1950, alors qu'il était en retraite. A cette époque, la municipalité ne s'est pas sentie concernée par le résultat des recherches sur le passé du village : l'édition a été réalisée à compte d'auteur, et

quelques rares privilégiés du village ont reçu cette monographie. En 1954, la municipalité a déposé les documents anciens concernant le village, aux Archives Départementales du Jura (ADJ) à Montmorot. Chacun peut désormais les y consulter ; elles y figurent sous la cote 5 E 13. L'inventaire des archives antérieures à 1790 a été adressé à la mairie de Gendrey, en août 1998.

Mais, aux Archives Départementales, pour compléter la recherche sur les fontaines, il faut aussi étudier les documents de la série O, concernant les "Affaires Communales" de Gendrey. Monographie de Gendrey et documents des Archives Départementales ont permis d'avancer dans la recherche sur les puits et fontaines du village. Nous présentons un extrait de cette recherche.

 

FONTAINES LAVOIRS ET ABREUVOIRS DE GENDREY

Comme les villages du voisinage, Gendrey bénéficie des eaux de ruissellement des pentes qui l'entourent. Par le passé, de nombreuses sources permettaient d'abreuver les troupeaux dans leur pâture. Quelques unes subsistent à notre époque. Certaines sources plus importantes ont été captées à date très ancienne puisque, selon la monographie de Gendrey, la fontaine du Fol et la fontaine de Chenaud fournissaient, dès 1586, l'eau aux habitants». À la sortie du village, en direction des Vernes, la fontaine du Fol n'est plus qu'un petit marécage, une petite zone humide, sur la gauche, non loin d'une maisonnette en ruines...

Par contre, la fontaine de Chenaud est devenue la fontaine des Auges, après de nombreuses transformations. Les fontaines actuelles datent du XIXème siècle. Elles remplacent des fontaines plus anciennes, connues dès le XVIème siècle, mais dont nous ignorons l'architecture. Elles s'étaient multipliées grâce aux ressources de l'exploitation des forêts... Les documents d'archives permettent de suivre leur évolution à dater de 1799. Deux d'entre elles subsistent actuellement ainsi qu'un abreuvoir. 

La fontaine des Auges après sa restauration en 1998.

  

La fontaine des Auges

Sur le cadastre de 1816,  deux fontaines bordent la rue de Chenaud : "l'auge du dessus" et

"l'auge du bas". Suite à un réaménagement prévu dès 1828, la fontaine dite de Chenaud deviendra

la fontaine des Auges,  (et non des anges). L'architecte Cretin, de Dole, propose un devis pour sa restauration en 1859. La réception définitive des travaux est en 1872.

 

La fontaine d'Embrun

Signalée en 1799, cette fontaine du «bas», sur le chemin de Saligney, était située en amont de son emplacement actuel. A dater de 1838, plusieurs architectes ont travaillé à un projet de démolition et de reconstruction d'une "borne fontaine jaillissante"... Le devis définitif date de 1875. Ces deux fontaines sont des fontaines lavoirs avec un abreuvoir. Elles figurent sur les panneaux du Sentier des fontaines qui relie en boucle les villages de Gendrey et Sermange.

 

L'abreuvoir du Clossardot

Route de Taxenne, la fontaine du Clossardot (ou Classerdot) a été reconstruite en 1833, sur devis de l'architecte Dez "avec un bassin pavé de huit mètres, servant d'abreuvoir". Le mur qui domine ce bassin a été réparé à maintes reprises depuis 1833...  Le Clossardot est longtemps passé inaperçu. Ses abords ont été dégagés, le mur de soutènement vient d'être rénové en 2003. Désormais, le Clossardot a repris place dans le petit patrimoine du village.

 

La fontaine d'Embrun



ONT DISPARU.…

 

La fontaine de La Velle

En 1800, une fontaine est signalée "sur le chemin d'Orchamps". Un abreuvoir est ensuite creusé au Hameau de La Velle. Les anciens du village ont connu cet abreuvoir, en contrebas de la route d'Orchamps, à la sortie de Gendrey. Il avait été réaménagé à plusieurs reprises : en 1833, 1852, 1866, possédant alors un lavoir. C'était la fontaine de La Velle, mais l'entretien de sa tuyauterie de fonte était un souci constant pour la commune. Avant 1980, la boue envahissait encore ses abords, l'abreuvoir devenu inutile, sa suppression fut décidée. Le terrain nivelé, la maison des  Vuillemenot construite, entourée d'un jardin, borde désormais la rue de Lavelle. À l'arrière du jardin, subsiste la partie supérieure du grand mur qui surplombait la Fontaine de La Velle…

 

 

La fontaine de la place publique

 

Dans la monographie de Gendrey, Ambroise Bourdeaux ajoute : "le puits communal de la place n'était pas encore creusé à cette date, mais il le fut peu après, car il existait en 1621." Un puits signalé en 1800 fut abandonné avant 1838, date de sa restauration et du devis estimatif. Ce dernier donne des détails précis sur la margelle de forme octogonale, sur le treuil et sa charpente, la ferronnerie qui "proviendra des forges du Jura" etc. (voir le plan de 1852). Ce puits sera "couvert par un piédestal", entouré d'un bassin pour abreuver les chevaux. Par la suite, le puits sera

remplacé par une fontaine avec roue à godets, abritée sous le kiosque métallique, telle qu'on la voyait encore en 1950. L'abreuvoir de pierre fut vendu, mais la margelle du puits conservée dans la cour de ce qui est devenu l'école maternelle. Actuellement, un massif fleuri octogonal orne la place du village, près de l'abribus. Les fleurs mettent en valeur ce qui était la margelle de l'ancien

puits. La roue à godets a disparu, mais le kiosque devenu abribus en garde le souvenir…

 

 

 

Le grand abreuvoir du champ de foire

Plusieurs fontaines avec auge subsistaient dans les années 1900. On les distingue sur les cartes postales anciennes représentant le "champ de foire". Elles ont disparu. Entouré de ses bâtiments

de ferme, le "champ de foire" accueillait autrefois une importante foire au bétail. Un grand abreuvoir pavé de "pierres debout" avait été aménagé en 1833, en forme de cône renversé qui avait quinze mètres de diamètre. Il servait notamment à laver les pieds des chevaux, mais le bétail et les canards fréquentaient beaucoup ce que les anciens du village appelaient "Le Creux"... Les moutons du voisinage broutaient l'herbe du champ de foire (en 1900, une auge avec sa pompe étaient bien utilisées, situées près du grand abreuvoir). Ledit creux, situé au centre du terrain actuel, a été comblé en 1980, à la demande des voisins gênés par le chant des grenouilles, dit-on maintenant ...

Le cône renversé pavé en "pierres debout" datant de 1833, sommeille sous l'herbe...

Ce champ de foire, en grande partie conservé, enherbé et bordé d'arbres, représente aujourd'hui un élément de patrimoine unique sur le territoire de Jura-Nord. Promeneurs et cyclistes apprécient son aménagement récent avec table de pique-nique, sanitaire, bancs et terrain de jeux de boules…

 

   

Les bornes-fontaines

Avant 1930, le captage d'une source près du bois d'Arne et l'installation d'une station de pompage ont permis l'adduction d'eau dans la commune. Des bornes-fontaines complètent alors les points

d'eau le long des rues ; place du champ de foire ou rue Richebourg, elles remplacent la roue à godets. En janvier 1930, le règlement des concessions du Service municipal des eaux note qu'il "est interdit de prendre l'eau aux bornes-fontaines avec des fûts ou des récipients ne pouvant pas se porter à la main. Il est interdit (...) d'y laver quoi que ce soit, linge ou matériel". Cette interdiction visait à limiter l'usage de l'eau distribuée gratuitement...

En avril 1951, l'extension du réseau de distribution d'eau potable permet à tous les habitants d'avoir "l'eau courante sur l'évier" (ou à l'écurie), si bien que le 1er septembre 1952, les bornes-fontaines sont fermées. Certaines d'entre elles sont supprimées, d'autres sont maintenues à leur emplacement. Désormais, l'eau n'en jaillit plus, mais ces bornes-fontaines sont les témoins de l'époque où les maisons du village n'avaient pas l'eau sur l'évier…

 

Les "rigoles pavées"

En 1858-59, des rigoles pavées sont posées pour délimiter la chaussée et permettre le ruissellement des eaux. L'une d'elles traversait la place du village...  Elles ont progressivement disparu avec le goudronnage des rues et la pose de trottoirs. Elles ne subsistent que partiellement, comme au bord de la rue de la fontaine d'Embrun. Mais, d'année en année, souvent envahies par l'herbe ou les gravillons, ces rigoles pavées se dégradent de plus en plus.

 

Odette Bigeon

 

Maison du Patrimoine - Orchamps (Jura) - Bulletin n° 8, septembre 2004

 

http://pagesperso-orange.fr/patrimoine.orchamps-dampierre/bulletin/bulletin8.pdf

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4 mai 2009 1 04 /05 /mai /2009 19:13

Nombreuses démarches et premiers résultats

C’est en 1856 sous le Second Empire qu’on relève une démarche du conseil municipal de l’époque, pour réclamer avec insistance la mise à disposition d’un service postal quotidien qui puisse être assuré par le Bureau de Montbéliard, le plus proche de nous.

En 1869, nouvelle réclamation pour que la gare du chemin de fer, récemment implantée, puisse être ouverte à la télégraphie privée (il fallait alors se rendre à Voujeaucourt pour ce type d’opération…).

Cette demande est acceptée. Les dépêches sont portées à domicile par un agent de la Compagnie des PLM sur un rayon de 1 km. Au-delà de cette distance les dépêches sont remises au maire qui signe un reçu et se charge de les acheminer aux destinataires.

En 1872 nouvelle offensive du conseil municipal qui s’engage à fond pour réclamer l’ouverture d’un bureau de poste à Colombier-Fontaine, de préférence à Voujeaucourt. Ce sera peine perdue !

Pourtant en 1877, le village se voit doté d’un facteur boîtier, premier signe concret d’une présence postale de 4è classe.

Le 16 juillet 1891 ce service est ouvert. Mlle Marthe Poupenez en sera la responsable de  1891 à 1925. Les conditions de cette ouverture obligent la commune à fournir gratuitement les locaux nécessaires au service ainsi qu’un logement pour la titulaire, le tout avec un bail de 18 ans.

S’ajoute l’obligation d’acheter un « indicateur Thierry ».

La municipalité ne disposant pas de local ni de logement, elle négocie avec un particulier et c’est au rez de chaussée d’une ferme, rue de la bascule que s’installe la recette postale, avec en plus une chambre et un petit jardinet…le tout pour 440F par an.

 

1896, une boite aux lettres est installée aux usines Mequillet-Noblot.

1902, le télégraphe fonctionne. Le porteur de dépêche est rétribué.

1905, le conseil municipal demande au préfet la décharge des frais de location du bureau de poste.

Le bureau de poste dans ses murs actuels

Il a fallu attendre l’année 1907 pour que s’opère le transfert du bureau de poste dans l’imposant bâtiment qui l’accueille aujourd’hui.

Ledit bâtiment fut construit en 1821 et surmonté d’un étage en 1844. Tour à tour occupé par la mairie, par une salle de classe, par un logement d’instituteur, puis par un pasteur et une école protestante jusqu’en 1905… date de séparation de l’Eglise et de l’Etat qui oblige le presbytère à trouver refuge au 12 grande rue actuelle…le bureau de poste cohabitera pendant 25 ans avec la mairie et une école, qui éliront domicile à l’étage, en y accédant par la construction d’un escalier métallique extérieur au bâtiment.

En 1918 le conseil municipal prendra la décision de fermer le bureau de poste le dimanche.

C’est en 1924 seulement que le bâtiment sera doté de l’électricité.


 

 

En 1900, le facteur se reconnaissait à sa tenue caractéristique -
Collection Musée de la Poste – Paris


Les débuts d’une véritable activité postale (1891-1925)

Jusqu’en 1925, Mlle Marthe Poupenez est receveuse ainsi que télégraphiste, ayant appris l’usage de l’alphabet morse.

Deux employés travaillent au bureau : Mme Suzanne Coulon et Mme Marcelle Mainault.

Les facteurs étaient au nombre de quatre :

-         M. Favelet, titulaire. Chaque matin il allait à la gare à l’arrivée du premier train chercher le courrier. Après le tri il faisait à bicyclette la tournée de Longevelle et Saint-Maurice avec les écarts du moulin de Longevelle, de Soulce et d’Echelotte.

-         M. Boillon, titulaire. Il faisait la tournée de Lougres et Montenois et d’une partie de Colombier jusqu’à la maison Fellner.

-         M. Emile Barbier, auxiliaire. Il faisait à pied la distribution du courrier rue de la chaiserie, à Etouvans, à la ferme du golfe de Prunevelle et à la Raydans.

-         M. Charles Gachot, remplaçant.

 

 

La grande guerre

Pendant la guerre 14-18, la distribution des télégrammes se complique : le bureau de Colombier hérite des localités dans lesquelles il ne distribue pas le courrier comme Beutal, la Guinguette, Ecot, Villars, Goux les Dambelin (résidence d’un vétérinaire très souvent sollicité).

Par ailleurs, dans toute la zone des armées et au voisinage des frontières, les cabines téléphoniques publiques et les postes privés étaient « coupés ». On ne pouvait donc téléphoner qu’au bureau de poste où la receveuse contrôlait l’identité du correspondant et le contenu des conversations.

Facteur 1917







Dimanches et jours fériés



jours fériés

Le bureau était ouvert le dimanche matin et les jours fériés de 8h à 11h pour le téléphone et le télégraphe.
Jusqu’en 1940 les lettres étaient distribuées dans le village par des intérimaires parfois difficiles à trouver.

 

Elections

Les jours d’élections le bureau restait ouvert tard le soir pour transmission des résultats qui étaient téléphonés à la Sous-Préfecture.

 

Tenue et équipements

Les facteurs avaient une tenue bleu marine en drap. En hiver une grande cape. En été une tenue beige en croisé de coton, avec un képi bleu marine, été comme hiver. L’administration leur fournissait une grosse sacoche en cuir et une autre en toile pour le transport du courrier. Ils la portaient en bandoulière. Une petite pochette en cuir servait à mettre mandats et argent.

 

Dans les années 1930,
les facteurs effectuaient leurs tournées dans

cette tenue





Le déroulement d’une journée de travail en 1945

6h30 :

Départ du premier courrier pour Montbéliard et les environs.

7h00 :

Retour du facteur de la gare avec le courrier de la journée. Les sacs sont ouverts. Le courrier distribué à chaque facteur qui fait lui-même son classement. Madame la receveuse s’occupait principalement de l’inscription du paiement des mandats pendant que les employés préparaient les objets recommandés pour chaque facteur.

8h00 :

Ouverture du bureau :

Chaque usine venait chercher son courrier mis en boite postale.

Les clients arrivaient pour toutes les opérations.

Le téléphone donnait beaucoup de travail (pas question d’automatisme à cette époque).

12h00 : Fermeture au public.

14h00 : Ouverture du bureau : gros travail au moment du retour des facteurs de leurs tournées.

15h00 :

Départ du courrier pour Montbéliard et Belfort. Arrivée d’un sac de courrier distribué dans le centre du village.

17h45 :

Les usines apportent leur courrier. Comme elles possédaient une machine à affranchir il n’y avait pas de timbre à oblitérer. Chaque mois, nécessité d’aller dans chaque usine pour vérification du relevé de ces machines à affranchir.

18h00 :

Fermeture du bureau.

Chaque employé faisait sa caisse et arrêtait les cahiers de la journée. Il fallait ensuite préparer le courrier pour toutes les directions. Les lettres étaient oblitérées à la main à l’aide d’un tampon rond indiquant le lieu, la date et l’heure. La date et l’heure étaient modifiées à l’aide de caractères mobiles à insérer difficilement dans les tampons.

Le courrier classé était mis dans des sacs qui devaient être cachetés à la cire.

19h30 :

Le facteur portait les sacs de courrier à la gare sur sa bicyclette ou parfois à l’aide d’une remorque.

 

Actuellement

La POSTE se situe au 1 Grande rue

Elle emploie :

7 facteurs qui desservent 6 Communes (COLOMBIER FONTAINE, ETOUVANS, LONGEVELLE, MONTENOIS, LOUGRES, SAINT MAURICE) soit 2204 foyers.

3 personnes employées au grand public.

1 conseiller financier présent le jeudi et vendredi de chaque semaine.

 

Si vous voulez en connaître plus sur  COLOMBIER-FONTAINE  (Doubs) voir leur site :

 

 

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